Née à la Réunion, 1992. Vit et travaille à Avignon.


Ma démarche plastique est motivée par des questionnements liés à mon rapport au paysage. Un paysage que je décris comme témoin de nos actes, comme personnage actif de l’Histoire mais aussi comme moteur de nos déplacements, ce qui m’amène à envisager la recherche identitaire par le territoire. Mes pièces intègrent une certaine vision du monde qui est due à mon insularité, parce que je suis née et que j’ai grandi à l’île de la Réunion. Comme l’auteur martiniquais Edouard Glissant je soutiens l’idée qu’être isolé du monde permet de mieux le désirer. Mes installations, mes films ou encore mes photographies sont une façon pour moi de mieux comprendre l’endroit d’où je viens pour mieux aller vers l’autre. Trouver des similarités, des fossés et des tensions entre divers éléments culturels, politiques. Je m’interroge également sur des éléments météorologiques ou telluriques qui dessinent le paysage autant que l’individu. C’est dans une poétique du chaos que s’installe mon travail. Il est question pour moi de mettre en exergue parfois la complexité, la violence, l’imprévisible, l’anomalie, ou simplement l’ambivalence et le maillage de différents facteurs. Mes recherches et réflexions se déploient plastiquement grâce à la mise en place de différents langages mêlant une vision onirique à une réalité brute. Le point de vue que j’adopte dans ma démarche est un point de vue fragmenté. Mon travail est nourrit d’extraction, d’histoires, d’expériences. Il se construit sur l’idée de la vision parcellaire, de mémoire recomposée. Il remet en question les non dits, la censure en confrontant à la fois des informations concrètes, liées à l’actualité, aux sciences ou à l’Histoire à une part d’étrangeté, de mystique et de fiction.